
...quand on commence à penser comme les shadoks, n'est-ce pas le début de la fin ?...

Petite Miss a cassé sa tirelire. Elle est partie de bon matin, pendant que je dormais. A mon réveil , le bouquet de roses m'attendait. Et je suis éperdue de fierté devant son premier cadeau de "grande fille"autonome.
Je me souviens d'une inclusion de fleur dans une demi-sphère de verre, mon premier cadeau de grande pour ma maman. Je me souviens du courage qu'il m'avait fallu pour aller faire cet achat , seule et sans qu'elle le sache, alors que j'étais d'une timidité maladive, paralysante.
Pour la photo, j'ai tenté de persuader le chat d'aller se promener ailleurs. Il n'a pas cédé.
Pour le son, une chanson que j'adore et qui me fait pleurer, parceque la fête des mères c'est comme ça pour moi : le bonheur et le chagrin ensemble.
Pas du tout du tout du tout envie d'aller dormir ! Cela arrive lorsque j'ai passé une bonne soirée : je voudrais que cela ne se termine pas. Au programme de ce soir : Sushis, conversation très agréable, pièce de théatre et belle surprise ( une vraie de vraie bonne surprise, ça fait longtemps que cela ne m'était pas arrivé)...Bon. Encore quelques images du voyages en Italie, avec des mots cette fois-ci, sinon je vais me faire remonter les bretelles par Miss Green.
Miss Green, justement, à qui j'avais promis de boire là-bas un café en son honneur, elle qui traque le bon café autour de mon ex-agence et qui me faisait profiter de ses découvertes.
Alors je n'y suis pas allée avec le dos de la cuillère et j'ai commandé un" ristretto" dans un petit bar de Positano. Pour ceux qui ne connaissent pas un "ristretto" c'est un expresso très serré : deux petites gorgées pas plus. Mais quel nectar ! Je ne sais pas si j'ai eu de la chance ou s'il faut décidément admettre que les italiens font le meilleur café du monde... En tous cas, je me souviendrai toute ma vie de ce petit café qui avait tout d'un grand.
Le Vésuve. Coupable d'un méfait qui rapporte aujourd'hui notoriété et devises à la région. Comme quoi...
Capri, depuis le bateau pour rentrer à Sorrente. Parceque "Capri, c'est fini" comme chacun sait. ( Là, je sens que je vais me faire engueuler par Miss Green qui va vouloir des détails... En résumé, on a seulement eu le temps de grimper au sommet du Mont Solaro- 589m- en télésiège une place. J'étais, disons, moyennement à l'aise... Mais le peu que nous avons vu est très beau. Capri, c'est pas fini, en fait)
La presqu'île de Sorrente au soleil couchant, toujours en revenant de Capri. Des maisons et des hotels avec une vue imprenable sur la mer et, pour certains des escaliers creusés dans la roche pour descendre se baigner. Les plus pressés doivent pouvoir plonger de la fenêtre de leur chambre.
Procida. Nous avions pris un billet pour Ischia. Mais comme le bateau a fait étape là et qu'il était déjà tard, nous avons débarqué. Et voilà : ça a la couleur des maisons chez Mickey mais c'est pas qu'un décor. Très joli. On a bien fait de s'arrêter là.
Positano. Très touristique, rempli de boutiques de fringues et souvenirs. Descente vertigineuse jusqu'à la petite plage et là - heureusement- le guide du routard ne nous a pas trahi : après un petit chemin à l'ombre des pins, un resto tranquille, veranda arborée sur la mer, un délicieux plat de pâtes aux crevettes...le paradis.
Et , Positano. Pour faire bonne mesure, après le paradis, ce fût la montée infernale - boudiou que c'est haut- et la folie pour attraper un car qui nous ramènerait à Sorrente... Le premier ne s'est même pas arrêté - bondé à bloc- le deuxième, 45 minutes plus tard, a été pris d'assaut. Pas fou, le chauffeur a ouvert la porte arrière et a laissé les touristes s'étriper loin de lui. Nous avons renoncé et préféré rentrer avec "Gaétano de Positano", cheveux noirs, lunettes noires, berline noire, 60 euros - au noir.
Bon ,pour terminer, et au risque de heurter les âmes sensibles, un peu de culture.
Si j'avais mieux préparé mon voyage, j'aurai su. Mais non, c'est par pur hasard que mes yeux chastes et purs sont tombés sur ceci dans une ruine de Pompéi.
C'est que ça rigolait bien à Pompéi , dans le temps... Il y en avait plein des fresques comme ça. Pratiquement toutes transférées au Musée archéologique de Naples, que nous n'avons pas visité ( il FAUT donc que je retourne à Naples), dans "le cabinet secret" où elle furent tenues éloignées du public au gré des dirigeants plus ou moins prudes et hypocrites qui se succédèrent depuis la découverte de ces ...heu...trésors. Voilà voilà. Alors, heu...pour celles et ceux qui auraient une mauvaise vue, oui, le monsieur de la fresque est bien en train de peser ses attributs. Il s'agit peut-être d'une allégorie sur la question philosophique " mais que pèse un homme sur cette terre" ? ... Non, moi non plus, j'y crois pas... Je vous laisse méditer sur le sujet. Faites de beaux rêves.
Je crois ne jamais avoir fait de crèche pour Noël. J'ai de vagues souvenirs de celle chez mes grands-parents paternels mais c'est tout. En provence, les "santons" sont une tradition. A Naples, c'est une véritable institution. La scène de la nativité et,au de là, tout un petit monde de paysans, commerçants , artisans et même notables sont représentés dans des crèches géantes. Vers la fin du XIXième siècle, la création de ces figurines a été élevée au rang d'un art digne de figurer dans les musées. Et aujourd'hui, sans même les chercher, vous ne pouvez pas manquer les nombreuses échoppes qui hiver comme été vous ramennent à Noël. Certaines de ces figurines ont vraiment beaucoup de charme... Alors voilà , les Rois Mages rapportés pour un "crèche addict" de mes amis n'ont pas suffit. Pour moi, pour une Missiz Jones- qui- ne- fait- pas- de -crèches, je n'ai pu m'empêcher de rapporter un berger et un ange... Et,comme j'entretiens un rapport bizarre et enfantin avec les objets qui me plaisent, depuis, je me demande s'ils m'en voudront au prochain Noël, de ne pas leur trouver où crècher...
Elle a raconté avec humour les petits tracas (le poisson servi mal décongelé, le double salto au sortir de la douche...) avec fierté les exploits ( l'attraction de la mort au Futuroscope et l'assassinat de l'araignée maléfique), avec entrain les découvertes (la voile, la crevette mutante et la plante de moutarde)...
Tout a commencé par la silhouette fragile de ce vieux monsieur tout habillé de blanc, canotier sur la tête et canne à la main. Comme dans un film de Visconti. Comme dans "Mort à Venise". J'étais émue. La montée vers le site était très raide et il avançait relativement vite mais en chancelant légèrement . J'ai pensé au temps qui passe.
J'étais bien décidée à ne voir de Pompéi que le témoignage du passé, les restes d'architecture, le plan des rues, quelques fresques et objets rescapés. Je ne voulais pas voir les moulages des corps retrouvés. Le spectacle de la douleur, ce n'est pas pour moi. Je me suis donc méfiée en apercevant ça et là , dans des vitrines, la copie de ces corps torturés , bouche grande ouverte sur une dernière aspiration d'air empoisonné. Mais lui, m'attendait, par surprise, au milieu des poteries et statues protégées par des grilles. Parmi les films, photos, documentaires que j'ai pu voir sur Pompéi c'est cette image là qui m'a toujours le plus frappée. C'est cette image du désespoir qui m'a toujours le plus terrifiée.
Nous avons courageusement arpenté le site et, au soleil couchant, en revenant d'une Villa excentrée, "la villa des mystères", nous avons décidé d'ajouter à notre exploration une ou deux rues. Il y avait peu de monde, tout était silencieux, rien ne nous a alerté.
Un peu malgré nous, une demi heure plus tard, nous remontions la même rue menant vers la sortie. Deux ou trois uniformes, deux ou trois tenues de secouristes. J'avais du mal à avancer et ce n'était pas seulement à cause de la pente et de la fatigue. L'homme était à la même place. Il avait la couleur de la pierre, la couleur de la cendre . Sa femme, assise sur un muret, soutenue par, je l'espère, une amie, pleurait. Elle tenait la laisse d'un chien, couché sur le flanc, comme abattu.
Tout était silencieux. Nous avons peut-être parlé mais je ne m'en souviens plus. Je sais que nous avons pensé que c'était stupide de faire de telles visites quand on a subi une opération importante. Et puis nous avons pensé qu'il valait peut-être mieux mourir comme ça, vite, là, par une très belle journée,au cours d'un beau voyage.